L’énoncé – الْكَلَامُ
“L’énoncé” – al-Kalām – الْكَلَامُ : linguistiquement c’est un élément permettant d’obtenir un bénéfice qu’il soit verbalisé ou non comme une écriture ou une signe. Par contre, chez les savants de la grammaire (naḥw) c’est :
الكَلاَمُ هُوَ اللَّفْظُ الْمُرَكَّبُ الْمُفِيدُ بِالْوَضْعِ
“l’expression (lafẓ) composée (murakkab) significative (mufīd) par son établissement (waḍʿ).”
“L’expression” – al-Lafẓ – اللَّفْظُ : c’est une prononciation comportant certaines lettres de l’alphabet.
Ex : “Aḥmad”, “Saʿīd”. On comprend donc que les signes de main, par exemple, ne sont pas un “Kalām” chez les grammairiens.
“Composée” – al-Murakkab – الْمُرَكَّبُ : il est composé de deux mots ou plus.
Ex : “Muḥammadun musāfirun – مُحَمَّدٌ مُسَافِرٌ – Muḥammad est un voyageur”, “al-ʿIlmu nāfiʿun – الْعِلْمُ نَافِعٌ – Le savoir est profitable”.
Un unique mot ne peut pas être un Kalām chez les grammairiens sauf s’il est lié avec un autre mot, qu’il soit lié directement avec un autre mot ou bien que cet autre mot soit implicite comme lorsqu’on demande : “Man akhūka – مَنْ أَخُوكَ – Qui est ton frère ?”
Et que l’on réponde “Muḥammad.”
On sous-entend alors : “Muḥammad akhī – مُحَمَّدٌ أَخِي – Muhammad est mon frère.”
“Significatif” – al-Mufīd – المُفِيدُ : cela signifie que le locuteur donne une information dont le sens est complet et que le locuteur peut se taire sans que celui qui écoute attende une suite.
Ex : “Idhā ḥadara al-usthādhu anṣata al-talāmīdhu – إذَا حَضَرَ الأُسْتَاذُ أَنْصَتَ التَّلاَمِيذُ – lorsque l’enseignant est présent, les élèves écoutent.”
Par contre, “Idhā ḥadara al-usthādhu – إِذَا حَضَرَ الأُستَاذ – lorsque l’enseignant est présent” tout seul n’est pas un Kalām puisqu’on ne comprend pas quelque chose de cette phrase seule et que l’on attend une suite afin de comprendre quelque chose.
“Établi” – Waḍʿ – الْوَضْعُ : certains disent qu’ici ce qui est voulu est le fait que le Kalām doit être fait en arabe, c’est-à-dire avoir un sens dans cette langue, contrairement aux autres langues qui ne sont pas assimilés au Kalām dans la science de la grammaire. D’autres ont dit que c’était le fait d’être conscient lorsqu’on prononce le Kalām et qu’ainsi, la parole exprimée par le fou, celui qui dort ou celui qui délire n’est pas un Kalām.